L’intrapreneuriat : un outil RH au service de l’innovation ?

Innover ! Rares sont les entreprises qui peuvent prétendre échapper à cette tendance, si elles veulent rester compétitives dans un environnement fortement concurrentiel. Vecteur d’innovation, l’intrapreneuriat fait son chemin depuis quelques années dans les entreprises.  Quelle définition, quels bénéfices, quelles pratiques en entreprise ? 

Qu’est-ce que l’intrapreneuriat ?

Plusieurs définitions existent, mais toutes s’accordent sur le fait que l’intrapreneuriat consiste à adopter une attitude entrepreneuriale à l’intérieur de l’entreprise. Grandes entreprises ou PME valorisent et favorisent l’intrapreneuriat. De cette nouvelle façon de travailler sont sortis des produits à succès, tel que le fameux Post-it  chez 3M.

Quels bénéfices pour l’entreprise ? 

Il existe plusieurs bénéfices à développer l’intrapreneuriat au sein d’une entreprise. Voici les 4 principaux .

  • Capter une source d’innovation sous-exploitée
    Beaucoup d’entreprises donnent la possibilité à leurs salariés d’exprimer leurs idées pour améliorer les processus, proposer de nouveaux produits ou services ou lutter contre le gaspillage.
  • Susciter et développer une culture de l’innovation
    L’intrapreneuriat modifie les comportements et influe sur la culture de l’entreprise par la reconnaissance et la valorisation de l’esprit d’initiative, de l’autonomie, de la prise de risque et du droit à l’erreur .
  • Maintenir un niveau d’engagement des salariés
    Le taux de satisfaction des salariés est plus important lorsque l ‘innovation est perçue comme une priorité par l’entreprise. Appartenir à une organisation qui valorise l’innovation devient un levier fort d’engagement et de fierté.
  • Offrir de nouvelles perspectives d’évolution aux collaborateurs
    L’intrapreneuriat dynamise la carrière des salariés et offre des possibilités d’évolution à ceux notamment qui se sentent vite à l’étroit dans un poste précis.

Comment favoriser l’intrapreneuriat ?

Le premier facteur de réussite réside dans la volonté du management à développer l’intrapreneuriat. D’autres facteurs en facilitent sa diffusion et sa mise en œuvre pratique.

  • Avoir une équipe dirigeante engagée
    La formalisation de la stratégie doit s’accompagner d’un mode de management en cohérence. Comment attendre des comportements innovants et entrepreneuriaux de la part des salariés si le management ne montre pas l’exemple ?
  • Créer des conditions favorables
    - Du temps : L’entreprise offre à ses salariés la possibilité de consacrer du temps en dehors  de leur activités opérationnelles quotidiennes afin de leur permettre de travailler sur des projets créatifs (15% chez 3M et 20% chez Google ).
    - Des espaces : dans ces  espaces protégés, les employés bénéficient d’une plus grande liberté d’action et accèdent aux moyens nécessaires à la réalisation de projets innovants.
    - Des financements : pour tester un nouveaux produit, réaliser une étude de marché ou effectuer des voyages, il faut des budgets facilement accessibles.
    - Des règles du jeu claires et connues de tous.
  • Mettre en place un processus de sélection
    Les étapes et les critères de sélection doivent être transparents et compris de tous. Ce processus permet d’éliminer les projets les moins attrayants et d’augmenter l’engagement de l’entreprise en faveur des projets les plus prometteurs.
  • Encourager les salariés par la formation
    Le premier frein à l’intrapreneuriat est dans la tête des salariés qui, souvent par méconnaisance, pensent que ce n’est pas pour eux. La formation leur permet de comprendre ce qu’est l’intrapreneuriat, d’acquérir une démarche et les compétences nécessaires.
  • Bâtir un système de reconnaissance
    Comment rémunérer les créateurs ?  Certains prônent des récompenses financières (prime, stock option), d’autres préconisent des récompenses matérielles (cadeaux) ou symboliques sous la forme d’une forte visibilité. Quelque soit le système retenu, il importe d’établir une récompense des efforts entrepris par les intrapreneurs.

Une question demeure : Comment faire coexister 2  cultures : celle de l’intrapreneuriat qui développe l’autonomie, l’initiative, la polyvalence, et la prise de risque et celle de l’entreprise traditionnelle avec la hiérarchie, le respect des règles et le contrôle budgétaire ?

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